Découvrez le 2e épisode de notre série vidéo dédiée aux projets de nos chercheurs !
Le Dr Jérémy Lagrange nous parle de ses travaux sur les mécanismes de coagulation sanguine et d’inflammation, notamment dans le contexte des maladies cardiovasculaires et des MICI.
Son projet a été lauréat d’une bourse de l’Afa Crohn RCH France en décembre 2024.
Transcription
Nos chercheurs, leur projet : épisode 2
5 questions à Jérémy Lagrange : Risques cardiovasculaires et MICI.
1. Bonjour Jérémy, quel est ton parcours ?
Je m’appelle Jérémy Lagrange et je suis actuellement chargé de recherche au laboratoire DCAC, un laboratoire Inserm Université de Lorraine. Mon parcours a commencé il y a une quinzaine d’années, lorsque j’ai fait des études en biologie cellulaire, suivies d’une thèse de doctorat au sein du laboratoire DCAC, que j’ai soutenue en 2013. Je suis ensuite parti en postdoctorat à Mayence, en Allemagne, au centre pour la Thrombose et l’Hémostase, où je suis resté un peu plus de cinq ans. En 2019, je suis revenu en France pour effectuer un autre post-doctorat au sein du laboratoire des CAC, dans lequel j’ai ensuite été recruté comme chargé de recherche.
2. Ton projet CARDIO-MICI est lauréat d’une bourse de recherche 2024 de l’Afa Crohn RCH. Quel est ce projet ?
Initialement quand je suis revenu en en France en 2019 mon projet portait déjà sur l’étude de l’hémostase dans les MICI et depuis on a notamment publié un article qui a montré qu’un des facteurs qui est impliqués dans l’hémostase le facteur Willebrand était important dans le phénotype procoaguant qui qui a lieu au cours des MICI donc l’une des problématiques de cette maladie c’est que dans le même temps c’est souvent associé à des saignements des saignements gastro-intestinaux mais dans le même temps on a une augmentation du risque de thrombose et donc l’idée du projet qui a été soumis à l’Afa c’est d’étudier un nouvel acteur qu’on a identifié comme pouvant participer à cette dérégulation de la balance pro et anticoagulante qui est le glycocalix qu’on pourrait définir comme étant la couche de protection qui recouvre à la fois les vaisseaux sanguins et qu’on étudie aussi dans le cadre des globules rouges puisque dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin les globules rouges ont une très forte tendance à s’agglutiner et on pense que cette agglutination va participer à la dérégulation de la balance pro et anti-coagulante.
3. Quelles sont les méthodes utilisées ?
On va principalement utiliser des prélèvements issus de cohortes de patients atteints de MICI. On va mesurer chez 300 patients les marqueurs de dégradation du glycocalyx donc des marqueurs circulants qui sont actuellement utilisés comme représentant bien la dégradation de ce glycocalyx. Ensuite, on va classer les patients en fonction du type de pathologie ou des traitements qu’ils reçoivent, afin d’évaluer s’il existe un impact sur l’intégrité du glycocalyx et si certains traitements pourraient limiter sa dégradation — c’est la première partie du projet.
La deuxième partie portera plutôt sur les globules rouges. On va utiliser du sang de donneurs sains, notamment prélevé via l’EFS avec qui nous avons une convention, pour étudier plusieurs aspects chez des sujets témoins. Nous ferons s’agglutiner les globules rouges des patients et regarder l’impact sur l’hémostase. En parallèle, on va regarder si les observations faites chez les sujets sains se retrouvent également chez les patients des cohortes MICI actuellement incluses au CHRU.
4. Quelle contribution pour l’IHU Infiny ?
Concernant l’IHU, DCAC participe surtout au Word Package 1 et à la task 3, qui vise à mieux comprendre les dérégulations de l’hémostase, tant du côté procoagulant qu’anticoagulant. Ce travail inclut l’étude de nouveaux acteurs, tels que l’immunothrombose, et s’intègre également au projet porté par l’Afa sur le glycocalyx.
5. Quels sont les résultats attendus ?
Le projet vise à étudier la dégradation du glycocalyx chez les patients atteint de MICI, on appelle ça les manifestations extra intestinales des MICI. On ne va pas empêcher la MICI de se développer, tout ce qu’on va faire ici c’est de limiter les conséquences qu’il peut y avoir au niveau cardio-vasculaire et donc l’idée c’est de pouvoir proposer aux patients des traitements plus adaptés pour gérer ce risque cardio-vasculaire.